Épisode 1 : Ava Lagatta

Wednesday, March 28, 2018

Ava est une ancienne danseuse et comédienne au parcours incroyable. Fondatrice et gérante du restaurant l'Abattoir Végétal, situé dans le 18 ème arrondissement de Paris, elle a sillonné le monde. De Fez à New-York en passant par Bali, chaque expérience vécue est une composante de son histoire. Maman, de trois filles, elle a accepté de nous raconter son regard sur l'éducation, la maternité et l'importance de soutenir des causes.

 

© Melvyn Nganga

 

Hello Ava, peux-tu te présenter ?

 

Je suis une femme de 35 ans, entrepreneuse qui a crée le restaurant l'Abattoir Végétal. On a ouvert il y a un an. Je suis maman de trois enfants qui ont 14, 10 et 4 ans. Anciennement artiste, danseuse et comédienne, originaire d'Iran, née à Paris, femme d'action, femme engagée, car l'Abattoir Végétal, ce n'est pas qu'un restaurant où l'on défend la cuisine végétale. Je défends l'entrepreneuriat parisien, je défends la place des femmes dans l'entreprise. Tous les gens dans le staff ont été ou sont des artistes, Justine elle est styliste, Kana est comédien et Gloria est une ex-danseuse. On a tous un point commun, c'est qu'on a cette envie de créer.

 

Parle-nous un peu de ta vie d'avant ... C'était qui Ava avant l'ouverture de ce restaurant ? Qu'est-ce qui t'animais ?

 

On va commencer par le négatif. Je sais que les gens n'aiment pas le mot "rage", mais la rage, tu peux la transformer en quelque chose de positif. J'avais cette rage, j'avais cette frustration d'être physiquement connoté d'ailleurs et j'étais en même temps française parce que forcément, quand tu es née en France tu te sens quand même française, mais dans le regard de l'autre, tu ne l'est pas. Donc, déjà il y avait cette problématique-là. En tant que comédienne, c'est hyper dure d'évoluer à Paris. Si tu regardes bien dans les pièces de théâtre, il y a très peu de gens de couleur. Moi, je ne suis pas noire, mais j'ai une peau métissée. Donc, je m'affilie à quelqu'un de couleur. Dans les opéras en danse, tu n'as quasiment pas de gens de couleur non plus. Contrairement aux Etats-Unis ou à Londres où ça s'est beaucoup ouvert. C'est vrai que la France reste très clichée. Ce qui m'animait, c'était l'injustice qu'il y a dans ce pays. Je vais être un peu dure dans mes mots. Il y a une sélection raciale et il y a aussi une sélection dû à ton niveau social. C'est à dire que lorsque tu pars de rien, c'est très très difficile de gravir les échelons. Quand tu vois une grande école comme HEC, il n'y avait quasiment pas de personnes issues de l'immigration, il y a quinze ou vingt ans. Actuellement, ça commence un peu à changer, mais c'est toujours difficile. Donc, j'en ai eu marre du microcosme parisien où tu fais "salut ça va ? ouais ça va super", moi, je n'avais pas ma langue de bois et c'était compliqué d'être engagé, d'essayer de créer des conversations, parler sur des polémiques etc, dans des dîners mondains ou dans un milieu social, culturel ou artistique où il faut se vendre. C'était très compliqué pour moi aussi de se vendre. Quand tu es danseuse dans les castings, on te demande ta photo, tu as envie de dire "non mais attends, c'est quoi le projet ? Moi, je danse regarde déjà comment je danse en fait". Tu as des présélections chelou. Au théâtre, j'arrivais parfois à me faufiler. En fait, j'ai commencé à danser en compagnie à l'âge de 15 ans. J'avais quand même un réseau et j'arrivais à trouver du boulot, mais je n'arrivais pas à percer là où je sentais que je pouvais y aller. Même en tant que comédienne, "ouais, c'est super, mais par rapport au reste du casting, tu comprends, c'est pas ça physiquement". Pourquoi aujourd'hui une nana de couleur ne peut pas jouer un personnage de Molière ? Pourquoi en fait ? Aujourd'hui, si cela évolue, c'est parce que les gens comme nous de couleur font leurs propres projets. Mais, sinon on est toujours bloqué sur des trucs. J'en ai eu marre et j'ai pris mes trois enfants et je suis parti vivre à Bali. Je rêvais d'aller vivre ailleurs. Grâce à la danse, j'ai voyagé dans une trentaine de pays. J'ai beaucoup vadrouillé avec mes enfants. Après les attentats qui se sont déroulés au Bataclan, là, je me suis dit, il faut que je me casse, j'en ai marre. J'arrivais pas à voir quel projet je pouvais avoir et je pensais que j'étais qu'une artiste. Je ne voyais pas ce que je pouvais faire d'autre que danser ou jouer au théâtre. Donc, on est parti vivre à Bali ça s'est pas bien passé. Encore une fois, il faut énormément de tunes, tu te retrouves dans des quartiers d'expatriés quand tu as des enfants, il faut que tu sois à côté de l'école française. Donc c'est encore pire que tout. Ce n'est vraiment pas ce que je voulais. Parallèlement, je m'intéressais à la permaculture, j'ai toujours énormément cuisiné parce que je t'étais maman il fallait que je cuisine. Vu que je n'avais pas énormément de tunes, on ne se tapait pas des restos, donc je cuisinais vraiment. J'avais un certain talent pour la cuisine et mes enfants n'arrêtaient pas de me dire "pourquoi tu ouvres pas un resto ?". Donc Bali, ça s'est mal passé. Je m'intéressais vachement au discours de Pierre Rabhi, "comment faire sa part pour changer la société dans laquelle on vit", c'est bien beau d'être enragé, râlé etc, si tu fais rien et que tu es spectateur d'un truc qui te consterne, mais que tu ne fais rien, ça ne sert à rien. Donc, je me suis dit "je rentre à Paris, je vais ouvrir un restaurant". Qu'est-ce qu'il y a de plus important aujourd'hui que l'alimentation ? Qu'est-ce qu'il y a de plus politique que l'alimentation ? À vrai dire, pas grand chose. Aujourd'hui, on bouffe de la merde. Plus tu es pauvre, plus tu bouffes de la merde. On te met du sucre partout, on te force à bouffer à coup de marketing, des produits qui ne sont pas bons pour ta santé. On déforeste l'Indonésie, on pille l'Afrique. Il y a pleins de délires autour de la bouffe. Je me suis dit, je vais ouvrir un restaurant et je vais trouver des entrepreneurs parisiens qui défendent les mêmes valeurs que moi. Quand j'ai commencée, je me suis pris au jeu de l'entreprenariat. J'ai découvert que je pouvais aussi être une business woman et que je pouvais changer les choses à mon niveau, à mon échelle. Ce qui m'animait, c'était de changer les choses, mais je ne savais pas comment faire parce que lorsque tu es artiste tu es forcément lié à une organisation et tu ne peux pas vraiment changer les choses c'est compliqué. Alors que lorsque tu crées une entreprise, c'est ta vision que tu insuffles. On est en train de se développer, on a commencé à 3 aujourd'hui, on est 8. C'est une entreprise qui est métissé ici, avec autant de femmes que d'hommes, et des femmes sur des postes clés. Cela m'arrive encore aujourd'hui, il y a des clients qui me disent "Bonjour, je voudrais parler au patron". Ce qui me fait rire ... En effet, c'est moi la patronne et je suis issu de l'immigration. J'ai eu quelques maîtres à penser comme Pierre Rabhi et Kery James que j'ai écouté en boucle. Ce sont des personnes qui sont sur des engagements forts et qui font des choses. 

 

 

Tu es engagée et ça se ressent très bien dans tes propos. Quel est ton combat pour l'égalité homme/femme ?

 

J'en ai marre que ça soit toujours les mêmes qui mangent la part du gâteau. Plus on trime, moins on arrive à faire des choses, plus on trime plus on paye d'impôts et l'adage "travaillez plus pour gagnez plus" c'est des grosses conneries. Aujourd'hui, tu vois que les entreprises du CAC40, elles payent les mêmes impôts que moi qui suis une toute petite entreprise. Il y a l'inégalité homme/femme, ça fait des millénaires que l'on est dirigé par des hommes et on voit ce que ça donne au niveau des guerres et des solutions financières. Il y a encore deux semaines, je me suis embrouillé avec un client qui ne voulait pas payer sa note et il me dit "Il est où le patron ?". Sur des trucs comme ça, tu te rends compte que l'inconscient collectif veut que si il y a un resto, il y a un patron, pas une patronne. J'essaye de changer les choses à mon niveau dans ma RH et qui j'emploie. Je m'en fou que tu as fais une école de cuisine, par exemple Justine était pas serveuse à la base. Moi, je t'embauche pour ton engagement dans le resto. C'est vrai que l'on se retrouve avec des profils différents et personne ne vient du milieu de la restauration. Gloria, elle n'a pas de CAP cuisine, elle est compétente, elle fait ça avec du love et ça se ressent dans l'assiette.

 

Comment tu concilies ta vie professionnelle et ta vie personnelle ?

 

J'ai 3 enfants, 14, 10 et 4 ans j'essaye de prendre trois à quatre heures par semaine pour chacune des filles. On a des petits rituels, le vendredi soir avec la grande on va se faire un restaurant japonais, le samedi souvent, une semaine sur deux, je me balade avec celle qui a 10 ans et le dimanche j'emmène la petite à un spectacle de marionnettes ou de théâtre. Le reste du temps, j'essaye de combiner comme je peux. On est dans des sociétés où on est assez enfermés. On ne vit plus en communauté comme chez moi en Iran, où tu peux avoir dans une même maison plusieurs générations et laisser les enfants chez la grand-mère ou la tante. On est quand même isolés en France au niveau maternelle et éducatif. Quand tu sors de l'hôpital, tu te retrouves avec ton bébé chez toi, c'est hyper compliqué. Alors qu'en Orient, au Maghreb moi, j'ai vu il y a toujours la maman, la sœur, la tante qui reste longtemps. Chez nous, par exemple, c'est 30 jours où tu restes avec la maman et le bébé. Ce n'est pas du tout le même rapport à la maternité ici, c'est un rapport hyper exclusif et c'est difficile à gérer pour une seule personne d'avoir cette responsabilité. Tu es son tout à l'enfant et il n'a pas d'autres références. En plus, quand tu montes une entreprise, déjà que c'est compliqué quand tu n'as pas d'entreprise, mais ça l'est encore plus, car tu n'as pas de référent où l'enfant peut aller naturellement comme si c'était la maman. Les grands-mères, les tantes, les cousines c'est compliqué ici, on est hyper enfermés dans nos maisons. On a vécu à Fez pendant 6 mois, mes filles étaient tout le temps dehors en train de jouer avec les autres enfants. On les avait inscrits dans une école franco-marocaine, elles avaient une bonne partie de leur temps en arabe. Elles étaient gardées par une nounou, parce que je travaillais énormément sur une création.

 

© Melvyn Nganga

 

Qu'est-ce que tu transmets à tes enfants ? Quel amour elles ont pour le voyage tes filles ?

 

J'ai eu une première fille à l'âge de 20 ans et pour des raisons de violences conjugales, j'ai atterri avec 5 sacs-poubelles et mon bébé de 3 mois dans la rue. Ma fille a bientôt 15 ans, je suis patronne d'un restaurant. La première transmission, c'est lève toi et marche, bats toi parce que sinon personne ne va se battre pour toi. Le voyage ça ramène des valeurs humanistes, car forcément ça t'emmène à d'autres visions. Vu que j'ai été une maman célibataire jeune, j'avais ce réseau qui m'a aidé à m'en sortir parce que je n'ai pas crié sur tous les toits que j'étais partie. J'ai habité chez des amis à mes parents pendant deux mois avec ma fille sans travail. Mon réseau l'a entendu alors, j'ai eu quelques missions de boulot et j'ai commencé à voyager, car j'étais seule. Ma mère avait 42 ans, elle travaillait encore et donc elle n'avait pas la possibilité de garder ma fille, donc je voyageais avec elle. Sachant que c'est un travail d'itinérance le travail artistique, je n'ai jamais été une artiste parisienne. J'étais spécialisé sur les danses de transe, plus particulièrement sur le soufisme et les derviches tourneurs. J'étais invité partout, dans beaucoup de pays à faire des échanges culturels, des ateliers et des scènes. J'étais plutôt une artiste à portée internationale, je devais beaucoup voyager et donc je n'avais pas de solutions que de voyager avec mes enfants. Au fur et à mesure du parcours, j'ai rencontré un musicien Bastien, qui est mon mari actuellement. Mon dernier travail en tant que danseuse, c'était au Liban, j'ai dansé jusqu'à mes sept mois de grossesse. Ma fille est née le 23 mai et le 13 juin j'étais en Suisse, je dansais. À partir de là, on a enchaîné quelques autres festivals jusqu'à ses 1an que l'on a fêtés au Mexique. Ma fille, elle a jamais connu son lit de bébé. C'est des filles qui s'adaptent bien, elles ne sont pas du tout dans des à priori. Elles sont dans une famille à double culture. Elles entendent parler le persan, elles connaissent différentes saveurs dans la bouche. Elles connaissent d'autres chansons. J'ai failli également devenir éducatrice montessorienne, j'ai une bonne connaissance des modes d'éducation alternatifs. Ma plus grande, c'est une enfant intellectuellement précoce qui a eu beaucoup de mal à l'école, car l'éducation traditionnelle n'est pas adaptée à des enfants aux personnes ayant de grosses lacunes où ayant une grosse avance. On veut te mettre dans le moule de la société, soit t'es au milieu et tu avances comme tout le monde, soit tu es en manque de connaissances et dans ce cas, on te met de côté. Mes enfants ont une double culture de base. On a beaucoup voyagé donc ils savent que dans d'autres pays, on utilise pas les couverts, puis dans certains autres, on marche pieds nus. Elles ont une vision du monde très large, cela leur permet d'avoir un côté très humaniste. Par exemple, mes filles ne font pas de caprices, car elles savent qu'ailleurs dans le monde il y a des enfants qui meurent de faim. On a pas le temps de pleurer parce que tu as pas eu ton chewing-gum rose. Le père de ma grande fille est un street artiste. Elle a fait le tour du monde avec lui, elle a fait une trentaine de pays. Elle a 15 ans elle veut déjà aller étudier aux Etats-Unis. Elle a un cursus bilingue.

 

 

Comment tu perçois l'éducation en France ?

 

On fait de nos enfants des moutons et on ne leur donne rien à manger. On ne leur apprend rien aujourd'hui à part suivre un moule pour engraisser le système dans lequel tu es. Tout est hyper contrôlé. C'est une démocratie tirée par les finances. Pour le parcours, ma fille Nina a 150 de QI. Très petite ce qui l'intéresse c'est l'atome, tu vois elle a 3 ans. Elle s'est faite brimer toute sa scolarité, parce qu'elle était de trop. Elle se faisait remarquer sans le vouloir. En clair, elle a fait ce que l'on appelle un burn-out en 6ème, elle a atterri à l'hôpital psychiatrique. Elle était mal vu par les professeurs, par les élèves de son école, près de là où l'on vivait à Ivry dans le 94. Un jour, j'ai décidé de faire un prêt bancaire pour qu'elle puisse étudier dans une école hors système scolaire. Là, j'ai vu que l'on ne parlait pas de la guerre d'Algérie comme on te parle dans les ouvrages du programme de l'Education Nationale. Alors ne parlons même pas du Code Noir et de l'esclavagisme qui ne sont pas abordés. J'ai un vrai problème avec l'Education Nationale surtout depuis que ma fille a intégré les Cours Hattemer à 13 000€/an tout de même. Là, je me suis rendue compte que l'éducation n'était pas la même pour tous. C'est faux, que tu sois un enfant à Argenteuil ou un enfant vivant dans le 16ème arrondissement de Paris bénéficiant du programme de l'Éducation Nationale, tu n'as pas accès aux mêmes informations. Montessori, Steiner, Hattemer qui font partie des écoles hors système scolaire, elles coûtent chères. Il y a quelque temps, j'ai vraiment failli devenir éducatrice, passer la formation, mais je n'ai pas pu le faire, car j'avais déjà deux enfants et il fallait que l'on mange donc il fallait que je continue à travailler. Mon but, c'était d'ouvrir des écoles Montessori gratuites, parce qu'à la base, il ne faut pas oublier que Maria Montessori elle a ouvert les premières écoles à Rome pour les enfants "fous" dits décalés qui vivaient dans la rue, elle les a fait monter chez elle. C'était une vision, un don et ce n'était pas pour les riches. J'avais mis tout un projet en place et j'avais passé l'entretien avec la formatrice montessorienne. La seule école Montessori qui n'est pas payante, c'est celle de Montreuil qui est subventionnée par la CAF. Toutes les écoles maternelles ont été plus ou moins construites sous le format Montessori. Tout ce qui est meuble à hauteur de l'enfant, par exemple. Il est tout à fait possible par le biais de business angel et subventions de monter des écoles gratuites pour les enfants. Pourquoi la bonne éducation serait pour les gens qui peuvent payer ? Actuellement, il y a une pétition qui est signée dans le 18ème arrondissement pour la cantine dans les écoles avec Sodexo. Le système est cynique, avec l'école on en fait un bon petit mouton et un bon petit soldat. Si tu n'as pas les armes nécessaires, tu es victime et ton enfant devient aussi victime. Soit tu as une autre vision des choses, tu trouves des alternatives avec d'autres gens et tu intègres des associations pour sortir de ce truc-là. Je suis une marginale et plus je peux dénoncer la société dans laquelle on vit, plus je le fais. J'ai la chance d'avoir une action derrière, un engagement, donc ce n'est pas dénoncé pour dénoncer.

 

© Melvyn Nganga

 

On reproche à la France d'être un pays trop médicalisé. Qu'en penses-tu ?

 

Bien évidemment l'accouchement, c'est comme l'école. On nourrit la bête et la bête, c'est l'industrie pharmaceutique. Les ficelles, elles sont tirées par les financiers. Qui est l'industrie dans le monde avec le plus de bénéfices ? Il s'agit de l'industrie pharmaceutique. Bien évidemment, dès que tu rentres à l'hôpital ta péridurale a un certain prix. On te vend des produits, tous les actes médicaux atterrissent dans les poches de grandes entreprises. Aujourd'hui, on te rend "malade" pour nourrir une industrie. On va me traiter de complotiste, parce qu'aujourd'hui, lorsque tu as un discours différent, tu es tout de suite complotiste. Ma troisième, je voulais l'accoucher à la maison. J'en ai eu trois et si je pouvais en avoir plus, j'en ferais un chaque année. J'ai une addiction à la grossesse, l'accouchement et la maternité. Quoi de plus naturel que le corps de la femme ? Mon mari est un spécialiste de l'Ethiopie, il a accouché une femme seule. Elle a donné la vie, elle a bu un thé, deux heures après elle a fait 50km pour rentrer dans son village. Moi, je sortais toujours des hôpitaux à deux, trois jours. On est physiologiquement programmé pour accoucher. Le délire autour de la médicalisation, c'est que ça rapporte des sous à l'industrie pharmaceutique. Les vaccins ça aussi, on peut en parler pendant des heures. Il y a pleins de gens qui meurent à cause de ça, parce qu'il y avait pleins de contre-indication. J'ai une amie sa mère était diabétique, elle est décédée sur le coup. Tes enfants, c'est très mauvais comme ça de donner des vaccins comme ça à tes enfants. Il y a pleins de pays dans le monde où les enfants ne sont pas vaccinés, ce n'est pas pour ça qu'ils vivent moins. Mes enfants par exemple, ils ont les trois vaccins obligatoires et à l'époque à Ivry-sur-Seine là où je vivais, on m'avait vu comme l'anti-système qui n'avait pas voulu vacciner ses enfants. Pour moi, il était hors de question que mon enfant reçoit un vaccin dont je ne sais pourquoi il est conçu. On s'est rendu compte après, il me semble que c'était le Canard enchaîné qui avait révélé une affaire au sujet de Roseline Bachelot. C'était son fils qui était à la tête de la distribution des vaccins et elle avait voulu vendre près de 400 000 vaccins dont les invendus ont été envoyés en Afrique. Il y a pleins de choses à dire, je pense que l'on est dans un système très complexe, mais je pense aussi que l'on est une génération hyper lumineuse. Je n'ai plus de télévision, j'écoute plus les informations, je ne lis plus les journaux, j'ai décidé de couper parce qu'on veut te mettre dans le crâne que c'est la merde et que de toute façon, tu ne peux rien y faire. La révolution, elle vient du peuple, elle vient d'en bas, c'est le peuple qui se réveille à chaque fois. On est une génération où on peut changer les choses. On est une génération de lumières. Je suis persuadée qu'il y a partout dans le monde, cette génération très créative. C'est aussi à nous d'alerter nos enfants, car le pouvoir de changer les choses, c'est nous qui l'avons sur nos enfants. 

 

Merci Ava !

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