Épisode 4 : Hélène Crabbe

Monday, July 30, 2018

À bientôt 30 ans, Hélène est une femme paisible, sublime et créative. Mère de deux garçons Timéo 10 ans et Ismaël 2 ans, cette franco-brésilienne a accepté de nous raconter le long chemin qu’est la confiance en soi, ses origines, celles de son conjoint avec qui elle forme un tandem culturellement riche … Avec une mère professeur des écoles, difficile de manquer de créativité, ensemble, on a parlé des activités manuelles, son amour pour la peinture et sa passion incontestable pour les plantes vertes. Les photos de son intérieur parlent d’elles-mêmes.

 

© Melvyn Nganga

 

 Qui es-tu Hélène ?

 

J’ai 29 ans et je suis maman de deux garçons, Timéo, 10 ans qui rentre au collège cette année et Ismaël qui a 2 ans. Je travaille depuis 4 ans dans une agence de communication et j’évolue depuis 2 ans en tant que Consultante Digitale. J’ai également un blog qui n’est plus régulièrement alimenté, mais je partage encore quelques contenus plutôt “lifestyle” sur Instagram avec par exemple des recettes de cuisine, des looks ou encore mon expérience de la maternité. J’ai l’impression que les blogs sont de plus en plus décriés aujourd’hui, mais cela m’a permis, par le fait d’exprimer une partie de moi, de m’aider à avancer et de rencontrer beaucoup de gens intéressants !

 

On a souvent tendance à se décrire par ce que l’on fait et non par qui on est, tu as des passions comme la peinture, c’est nouveau ?

 

J’aime faire des choses de mes mains, tester de nouvelles choses, j’ai toujours été créative. J’essaie de motiver mes enfants et leur proposer régulièrement ce type d’activité, donc c’est vrai que j’avais par exemple toujours de la peinture chez moi depuis longtemps. Mais le travail de recherche et de persévérance, c’est assez récent. C’est en début d’année, en revenant du Brésil que je m’y suis mise, c’est apparu comme une évidence … J’y ai passé beaucoup de temps pendant plusieurs mois. J’en faisais tous les jours, en rentrant du boulot, c’est devenu un peu addictif. Et aujourd’hui j’en fais moins régulièrement, mais je continue, j’aimerais pousser davantage ces créations, j’y trouve un réel apaisement, profond, mais je manque trop souvent de temps !

 

 

Mère de deux enfants, aimante et bienveillante, quelles valeurs tu veux transmettre à tes enfants ?

 

L’amour d’eux-mêmes, la confiance en eux, le respect d’autrui … J’ai envie qui fassent les bons choix pour être heureux, un peu comme tout parent. Surtout qu’ils aient confiance en eux et qu’ils sachent que tout est possible. Qu’ils soient aussi en mesure de se détacher quand c’est nécessaire, que la famille ne soit jamais un poids pour eux. N’ayant pas grandi avec mon père je veux aussi que le fait de savoir que leurs 2 parents seront toujours là pour eux, cela leur donne une force pour affronter la vie et ses épreuves. Une confiance, un pilier. En tant que métisse, j’ai également conscience que ce ne sera pas toujours simple, vue la société dans laquelle on vit. Mais j’ai vraiment à coeur qu’ils assument pleinement leur mixité et qu’ils la voient comme une richesse, qu’elle ne soit jamais un frein ou une raison de se sentir différent ou moins fort que qui que ce soit. Être métisse ce n’est pas être une moitié de chaque, c’est être deux fois plus !

 

© Melvyn Nganga

 

Actuellement en France, les voix des femmes s’élèvent autour de la violence obstétricale. Des scandales médicaux subit par certaines femmes en milieu hospitalier sont dénoncés. Tu en penses quoi ?

 

Je trouve ça scandaleux, surtout vu l’impact que ça peut avoir et l’importance d’être bien accompagnée. Même si j’ai eu la chance de connaître de belles expériences pour mes deux accouchements, j’ai récemment été bouleversée par une vidéo vu sur Konbini à propos de témoignages poignants dénonçant les violences gynécologiques (dépassant le cadre de l’accouchement). J’ai été choquée en réalisant que les violences subies par les femmes se trouvent dans beaucoup trop d’aspects de nos vies et normalisées ! Jusqu’à toucher le corps médical censé prendre soin de nous dans tout ce qu’on a de plus intime et de plus précieux, notre organe génital. Ce qui représente notre féminité, ce qui nous permet aussi de donner la vie. Si cela fait très peur sur les excès possibles de notre société patriarcale, j’ai bon espoir que d’autres témoignages permettent de progressivement changer les choses, renforcer les contrôles, et surtout que ces violences deviennent anecdotiques voire disparaissent.

 

Ton fils aîné sera au collège en septembre, dans quel état d’esprit te trouves-tu ? Quel changement va s’opérer ?

 

Je ne réalise pas, c’est passé si vite ! Il commence à beaucoup s’affirmer, c’est un nouveau challenge en tant que maman. Il va avoir de nouveaux codes, de nouveaux copains... Je suis une jeune maman et je me souviens très bien de mes années collège encore. Dans mes souvenirs, cette période est assez dure, les enfants sont durs entre eux et c’est l’âge de la puberté. Même si en réalité, je n’ai pas vraiment de soucis à me faire, car c’est un bon élève, il y a quand même la phase où il va se chercher. Il faudra réussir le difficile challenge de savoir lui mettre les limites tout en instaurant une relation de confiance réciproque.

 

 

Je me souviens que ta mère est institutrice et comment tu gères cet accompagnement avec sa grand-mère maternelle ?

 

Le truc des loisirs créatifs je pense que ça vient en partie d’elle. Elle a toujours été intéressée par Montessori par exemple et j’ai pas mal été éduquée dans ce truc-là. On avait de la simplicité matérielle, par exemple on n’avait pas de console, elle n’était pas du tout dans ça, je trouvais ça nul et aujourd’hui, je réalise avec le temps que c’était bien, elle m’a appris à m’intéresser. Je pense qu’avec Timéo il y a un peu de ça aussi. Elle est très bout-en-train avec les enfants, elle propose tout le temps des activités comme une balade en forêt, faire du jardinage, aller au musée etc.

 

© Melvyn Nganga

 

Plutôt école privée ou publique ?

 

Je ne te cache pas qu’on ne s’est jamais posé la question du privé.

 

 

 

J’ai beaucoup aimé ta publication sur Instagram en début de mois, où tu évoques la façon dont ton homme a contribué à te donner confiance en toi. Tu as mis du temps à t'accepter ?

 

Tu sais, quand tu deviens maman à 18 ans tu es encore un peu inconsciente. Devenir mère, ça a été ultra naturel pour moi, je trouvais énormément d’épanouissement dans ce rôle-là. Mais à l’inverse, moi Hélène sans être la maman de Timéo, j’ai mis du temps à savoir qui elle était vraiment, ce qu’elle voulait. A un moment donné, c’était un peu compliqué, parce que tu te retrouves avec des gens de ton âge avec qui tu ne partages pas les mêmes problématiques. Puis, effectivement quand ton conjoint est artiste et qu’il a une vision claire de ce qu’il veut faire, le couple ayant un peu cet effet miroir, ça te renvoie à ce que toi tu veux vraiment faire. En ce sens, il m’a beaucoup boostée ! Puis, j’ai continué mes études, rencontré des gens, développé des connaissances, acquis de l’expérience, tu te prouves que tu es capable et tu prends confiance au fil du temps … Par exemple, j’ai fait un voyage à New York à la fin de mon Master, c’était la première fois que je vivais une expérience seule à l’étranger et à mon retour, j’ai lancé mon blog. Comme un journal de bord, c’est devenu un moyen d’exprimer qui j’étais et ça m’a beaucoup aidé. Dès lors que tu commences à t’exprimer, tu rencontres des gens, tu prends confiance en toi, tu apprends à être en harmonie avec toi-même. C’est un peu le chemin que j’ai parcouru.

 

Quelle est ta vision sur la famille multiculturelle ?

 

En soi, le couple c’est construire à partir de deux entités qui ont déjà une histoire, un vécu, une éducation qui n’est pas la même, mais quand effectivement tu es issue de cultures potentiellement différentes, ça peut être une épreuve en plus. Mais, parce que tu apprends encore plus de l’autre, j’aime voir cela comme un riche défi ! On a quand même la “culture française” qui nous rallie, malgré nos origines (lui Congo et moi France/Brésil). On s’est connu très jeunes, cela s’est fait de cette façon et je suis plutôt fière de ça aujourd’hui. Nos enfants représentent vraiment ce mélange culturel. Je ne veux pas qu’ils aient la sensation d’avoir à faire un choix. Je veux qu’ils soient fiers de cette richesse. Ils vont aussi bien chez leurs grands-parents maternels que paternels. C’est d’un côté famille ultra nombreuse et de l’autre côté où il n'y a pas grand monde, mais il y a mamie qui leur propose des activités où ils s’amusent beaucoup.

 

 

 

© Melvyn Nganga

En Janvier dernier, tu étais au Brésil avec tes deux enfants. Quelle couleur tu donnerais à ce voyage ?

 

Je partais pour la deuxième fois au Brésil seule avec mes deux enfants. J’avais envie de mieux découvrir le pays de mon père et de les présenter à certains membres de ma famille. J’ai découvert la ville de Rio, une ville très riche avec tellement de choses à découvrir. Autant la première fois, Ismaël avait 2 mois, c’était plus simple, il était allaité et dormait tout le temps. Là à 18 mois, c’était un peu le périple entre l’avion et le fait de devoir s’accoutumer à un nouvel environnement, une autre langue, sans la présence rassurante de son père. On a fait pas mal de visites avec la famille, mais je sais qu’il y a encore tellement à découvrir de ce pays si riche ! J’aimerais bien qu’on y retourne en famille et qu’on partage une expérience comme ça à 4, qu’on en découvre davantage. Du coup pour revenir sur ta question, la couleur de ce voyage ce serait “découverte”, “enrichissement”, et on pourrait dire “avant-goût”.  

 

Et à 20 ans de quoi tu rêvais ?

 

Tu vois à 20 ans j’étais déjà maman donc difficile à dire, mais je sais que j’ai toujours voulu voyager avec une famille nombreuse et pourquoi pas vivre à l’étranger. C’est toujours possible, mais il faut se donner les moyens et c’est juste des choix. On verra ce que la vie nous réserve !

 

 

 

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